Budapest… solennité et bouillonnement.

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L’aube se lève sur la reine du Danube, et je vois dans le trouble du fleuve les reflets de la voluptueuse soirée de la veille. Budapest, ville renversante, entre témoignage d’un pays cloîtré dans un autre monde et avant garde bouillonnante. Ville aux deux visages, où flâner le nez en l’air avec son appareil photo dans les mains est un plaisir constant.

Successivement rasée par les Turcs, follement aimée par l’impératrice Sissi et écrasée par les chars soviétiques, Budapest illustre à merveille la succession de plusieurs époques. Des bâtiments imposants et colorés viennent se mélanger dans un esprit assurément hétéroclite. Eglises et cathédrales surgissent par dizaines mais n’égalent pas la resplendissante synagogue et ses ornements en majolique. Zébrée d’une multitude de tramways jaunes se croisant dans un bruit de ferraille, Budapest est aussi la ville où l’on a envie de s’aimer. La ville où oser.

Dans notre immeuble, les balcons courent d’un logement à l’autre. Installée face à la fenêtre pour mon dernier petit déjeuner j’entreprends de rédiger ces quelques lignes. Gainsbourg résonne encore dans le salon et je pense à lui, assis à cette même place quelques jours auparavant. Hier je suis montée en haut du mont Gellert. Le soleil orangé se couchait sur les courbes et les collines, et seul le cri de quelques corbeaux se faisaient entendre. J’aurais pu y rester des heures, comment avoir envie de rentrer en France après avoir vécu de tels moments…

Cette ville, qu’est ce que j’ai pris du plaisir à la sillonner, la regarder, la filmer. Quel bonheur que ces jolies promenades le long du fleuve, sur le pont de la liberté. Ce grand pont vert orné en haut de chaque flèche d’un oiseau de proie aux ailes déployées. On pouvait y apercevoir au loin le parlement, majestueux dans la brume, que je n’aurais malheureusement pas eu la chance de visiter. Quel bonheur aussi qu’un chocolat viennois au coin d’une rue avec ses amis, avant que le ciel ne s’emplisse de teintes sombres. Nous en avons fait des kilomètres les premiers jours… pour acheter des produits frais aux Halles par exemple.

Mais après plusieurs escapades, vient forcément le moment de détente dans l’univers brûlant des thermes. A l’intérieur du palais néo-baroque moutarde, l’eau chaude fume au contact de l’air glacé tandis que le crépuscule tombe peu à peu. Puis, une fois la nuit tombée, la ville bourgeoise de Pest s’éveille, le vin enivre et les différent ruins bars attirent alors une faune des plus plurielle et des plus vivante. La soirée commence à la bière au Szimpla – regorgeant de parisiens – et se termine au petit matin après un trépidant passage à l’Instant.

Cinq jours dans une ville où tomber follement amoureux, une ville où les nuits ne finissent jamais, une ville spirituelle, autant à visiter qu’à vivre. Une ville où oublier ses peurs et foncer la tête la première.

Alors au revoir Budapest, mais certainement pas Adieu.

Tu m’auras tant marqué de ton mélange de solennel, de bohème, de guindé et de déglingué.

Trop d’amour hors du temps.

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